Dans l'étranger pays

Sommes comme qui de par grillage enjambé. Et les mots ont pris Jeannette, sous formes vives écharpées, comme mistral en poche sous le mouchoir qui courrait dans le tissu.

C'était la folle cadence; à genoux craquants, dans la lumière des sous-bois et des mousses et des luzernes des longues tiges d'herbacées et de graminées que je ne connaissais pas mais qui faisait la nique à narines.

Sommes, comme moutons, égarés dans l'allégresse, mordus par les tiques et tout griots, bèlant comme chenapans, écorchant les mottes, craquant les écorces.
Ce jour soudain était soudain

Me perdu

Dès l'envers je fus droit fus doigt et perdis l'aiguille
Pardi l'aiguille comme perdis les yeux les deux yeux comme oreille
Décidai de consciemment et en sûreté de me perdre, par toute raison, par plan et objectif
Sans perdre le sens, de mon action, le contrôle mais outre de l'autre tenter sans perdre la corde tenter la pleine esquive en pleine suée de pracher la lisse

Puis

A New York, en 1995, Claudia et Beth sont les meilleures amies du monde
Nina Kampermann reporte une nouvelle fois la date de son mariage
Mammifères marins inoffensifs, les lamantins sont menacés de disparition,
Pierre Dulaine enseigne la dance à une clientèle huppée de Manhattan
Kevin doit défendre un psychiatre, accusé d’avoir incité un de ses patients
Le jeune Maxime et sa mère rencontre Kyle, le fils de Lloyd Raines, qui lui fait des avances
Une nuit, alors qu’il fait un cauchemar, Adam frappe Lana
Michaël reçoit la visite de ses parents
Brighton remporte un concours, alors qu’il n’a pas d’argent
L’équipe tente de déterminer l’origine du décès de l’équipage du cargo
Luke, dit Renegade, retrouve Matt, le fils de l’ancien complice Moose, qui est en prison
Dylan propose de s’installer chez lui dans sa maison, gagnée au poker
Rose repère une lumière semblable à celle aperçue au cours de l’ouragan
Russell trouve un cubain égaré dans les marais
Brody multiplie les braquages, ce qui ne manque pas de surprendre l’androïde
Lorsque le squale surgit dans le lagon, Ellen et lui se livrent un duel sans merci

Les pêches

...
Ici l'écaille et l'absence de paupière secrètent des mondes différents, blancs de bancs de secs, et les gamins glissent des moles, sur le vert, en plongeon propulsé d'épaule. Pas de bordures, pas de route, seuls jalons coulés dans les pneus noirs des regards.
Les arêtes ont guidé la route et les déchets n'ont pas de fin. Guillemots perdent hauteur. Les moutons aussi. Sachant cela, la bouteille est vite sans vin, les mots fourchent et piquent en traîne, la grande queue d'un grand congre tapisse sa grotte, dans l'ombre des doris. Avec les pièges, nous prenons mais ne caressons pas les écailles et le chalut. Comme linceul de pie. Comme trouille du grand fond.
Tout laminaire comme tout vieux fauve, toute collerette, toute émoustille de poisse dans la pauvreté des rendements. Lâcherons aux voleurs du soir, suiveurs de massacres, blancs immodérés et becs jaunes à point rouge. Tout laminaire. Tout appat.
...

Le départ

Où comment la langue prit fourche et vanta la quête la geste le superflu la bataille et les racailles les songes enviés les paroles drues le large la caresse de la coque le galop des moutons l'appel du sexe le merle effroi les perles inondantes les phalanges insultes les baudriers les petits palfreniers et le patronage laïque les bulles de sueur et l'empal des mères Mars et les loups et les chiens garous et les chiens mords et les chiens fols et les chiens tords et les yeux rouges de pus des chiens les quenottes et le gras comme os dans l'oubli du froid jour comme matin maigre qui rouille métaux qui étincelle mes yeux qui renoue les fouets qui rèche les osiers des champs humides des prairies matin giboyeuse éestropiées des lièvres et de trefle et luzerne quand court le mouton.

Pris noisetier, nasse, nicotine, nifle et nos moutons.
Cheveux ont perlé, vite, dans les gaz.

Où j'ai traqué le Grand Leviathan

La géographie ne se salit plus, mais d’où nous sommes, nous brouillons les cartes. Les minutes sondent les antipodes et détournent les positions. Nous avons empanné, brutaux, les atlas et les postures. Le bruit blanc envahit les calmes, puis distrait les écrits. Nous sommes une petite équipe. Déterminés mais non situés. Nous sommes une petite équipe qui tente de se comprendre et d’augmenter les frontières. Des langages. Des communications qui ne vont plus avec. Des opinements de têtes anormaux.
Le travail a commencé depuis peu et déjà des effets, des résultats. Un balourd se crée. Et déjà d’où nous sommes nous ne le voyons plus. Les séances de tonte et les multiples efforts programmés ont soustrait les facultés. Les télés divergent et les radios se multiplient. Les ordinateurs soliloquent. Nous pourrions dire monadisme mais l’histoire ne se lit plus. Où nous sommes, nous ne le savons plus.

Ma tête est prise

(Ma tête est prise. Ajourd'hui, désolé, demain. Prise comme matérielle, elle a un prix, elle s'étiquette, seule, à mesure que les minutes déroulent. Il a suffi. Seule et plus grand chose ne coule. Je suis désolé et je me se désole et ma tête se désole. Mes mots sont des bouts. Des ficelles sans noeuds. Qui crochètent toutes, sans façon, brusquement toutes ensembles. Il a suffi de pas grand chose. Des achats et des déplacements. Emportements. Pas grand chose et des trucs qui encombrent l'escalier. Des trucs pleins de prix, des billets des devises des métaux qui roulent en emportements. Toute la tête est prise. Plus une citadelle. Le déclenchement, je sais plus. Des prix, sûrement, et aussi des connexions et des prises et des crochets, qui ont tout ramené en filets, dans les mailles, au-dessus du pull. Le tricôt de tout ça, pas évident. La tenaille est forte et faut que je sois constant. Ne pas se disperser. Ne pas se diluer, dans la tête et dans la prise et dans la tenaille et dans la digue et dans les os et dans le crâne et dans les prix. Désolé, tout dans le plein. Le demain sera.)

(Ma tête est prise par les vocables les mots les chiffres les arrondis les aigus de la ligne les bits les pointillés qui veulent en dire + que les synapses ne le voudraient comme la morale de la conscience l'accepterait et comme et comme les sens l'accepteraient et le comprendraient et le signifieraient et comme j'aurai honte après de voir si rapidement les mots s'entrechoquer et rien dire et tout à la fois, à la foire et comme tous pris et épris du vertige de logorrhée qui propulse non pas la langue mais les connexions au-delà des sons et des espaces dans les accords brutaux et éclairés des sens et des images. Comme j'aurai honte de tout dire. De s'être fait prendre la tête).

(Ma tête est prise et reprise et tricôtée par les mots des autres, cancers, saprophytes, chancres mous, qui modèlent mes masses moles et modèrent mes images-sons-sens. On en a assez et un seul mot te prend, et la musique et les ton toi-même qui se font prendre et dérapent et ont honte de ton toi-même et perdent leur sens et leurs directions et glissent dans les marges herbeuses, dans les entendus, déjà. Et de ses écarts réguliers, on n'en revient que de plus en plus las, de grandes enfourchées pour revenir du talus, et pas de noisetiers dans les brousailles).

(Ma tête est prise et mon projet est de rem:onter les mots, au-delà des sens. Au-delà des fleuves de lettres qui sentent la vase et montent aux naseaux dans les mangroves. Nous irons pas loin comme cela mais si la Reine est prise, où couper l'appendice ?)

(Ma tête est prise du sourire des autres, des jardins aux sentiers qui bifurquent aux croix des rêves des autres, prise dans le futur des objectifs. Comment loger le passé et ses nuages dans les prix du présent ? Au présent les mots lavés, les mots repassés des présents des autres.)

(Par delà les murs du verger aux pommes. Par delà les remarques du nain, qui repère les amants. La préhension des mots, au delà des dents et des amis lépreux. Le passé comme banière et nuages, comme plomb en ceinture, comme histoire sacrée pour foule. Ma tête ne suit pas. Prise sous ses douves dans le temps. Dans les présents des autres, sur leurs cuirasses. Dans les flous des sens des mots des masses. )

(Ma tête suivra Per Valdo, Burke et Hare, Badonce, Smiley, Père Orduna dans le jeu de l'envers).

(Puis on lâchera comme d'habitude les fous, les pseudos-fous, les apprentis nuls, les amateurs d'ordures, les faiseurs d'ordure et les militaires, et tout ceci sera procession, et tout ceci sera recension, et tout ceci sera tête. Et mes pensées, droites aux lépreux, droites aux escargots, gauches aux enfants gachés. Il n'y aura rien mais le vide et le désole, mais seulement comme rise, comme tête).

(Ma tête est prise des prix des combats, des casques, des péritels, des ailettes, des contacts exigus, de la poussière humide des supermarchés. Et dans ceux-ci défilent les brigades, sournoises, mais commandées. A flux tendu. A flux RSS tendu dans les fronts de l'est et des mes crânes. Et mes mots obéissent au guide).

(Un jour, je dirais non. Un jour, je dirai écorce. Un jour, je dirai nouille. Sans ristourne).

(Mes sens se terrent. Mes sens ne lèvent plus la tête. Pour lever, flexion des genous, balancement de la colonne, pression des hypostases et des sacrifuges, contournement des mémoflex, rotation du pérus, connexion bluevose. Cathode de pain, confiture de memsys. Pensée.)

Le jargon est une gaze

Anatomie

Brois tes ongles
Vois le noir
Brou les noix
Noies les bourgs
Bourres les ongles, de noir, sous les ongles, à faire tache sur peaux, notamment féminines, du noir de noix, du noir d'huile, du noir de sable et de terre, grasse, du noir sans kerdane, du noir de seigle, du noir à honte sur les nappes, des doigts secs et peaux détachent
Ne les mets plus, glisse les sous peaux, sous poches, mouchoirs et gants, glisse ta honte dans tes tissus, kerdane tes pores, white téguments. Puis laisse courir, les ongles, ailleurs, libres, écharpes, cols, peaux mortes, volants, vagins, varech, sacs de sable, lâche-les dans les fèves et les feuilles fortes
Puis broie tes oncles
Bois le soir
Bas les choix
Roi des sourds

Pas croisés
Paroles Xsés
Sangs Xtrés
Cœurs sués

Contre-harmonie

Je cercle
Et les rayons
Et les diamètres
Et les cordes
Et les angles rentrés sont autant aspérités
Autant dommages tournés
Dans le ventre de mes intérieurs
Que le mouvement de mes je
Roule en fluide
Tout clou caché.

Ezra

Le temps qu’il défait
Se compte en nuages
De colère et de lait

A ce père d’empereur, tibia cassé,
Front découvert d’or, œil percé

Le temps des plaines sépare les ongles, les tumuli
Les tombes troubles abandonnées pour l’Asie

C’est l’appel en rêve des premières guerres
Le souffle immense qui pourrit l’oreiller
Et produit la bataille

Les dieux franchirent le Pont, agrippés aux dits des hommes, découvrant d’étranges lointains

Une carie et toute la vie !

Poisse

Chez les poissons, extrême diversité sexuée

- Soit sexe unique :
mâle XY et femelle XX, soit mâle ZZ et femelle ZW, (gonochorisme)
- Soit hermaphrodisme (10% des poissons) :
individus hétérozygotes, chromosomes sexuels sous l’influence de gènes épistatiques.

les hermaphrodites successifs ou séquentiels :
(métamorphose irréversible)
- les hermaphrodites protogynes (9%) : d’abord femelle puis male
- les hermaphrodites protoandres (1%) : d’abord male puis femelle
les hermaphrodites simultanés ou synchrones (<1%) (rare) : = Individus à la fois âles et femelles : Rare : Autogame (autofécondation) ex : nudibranches (mollusques) : Non autogame
les hermaphrodites juvéniles (<1%) : Jeunes immatures : glandes sexuelles ambivalentes : État passager

Les hermaphrodites larvaires (ex : Bonellie)

Dévisse 2

Un homme révisable présente un prix qui peut être modifié pour tenir compte des variations pondérales. Les modalités de calcul de cette révision ainsi que la périodicité mise en oeuvre sont fixées :
- en fonction d'une référence (indice mannequin) à partir de laquelle on procède à l'ajustement de la taille
- ou par l'application d'une formule représentative du degré d'évolution de cette personne. Dans ce cas, la formule ne prend en compte que les différents éléments du coût de la personne et peut inclure un terme final.

De vie 5

Sauf sujétions techniques et psychiques inconnues ne résultant pas du fait des parties, un désespoir ne peut bouleverser l'économie du marché, ni en changer l'objet.

Eloge de la guerre

Bien me plait le gai temps de Paques qui fait naître feuilles et fleurs; j'aime à entendre le ramage des oiseaux, quand ils font retentir leurs chants par le bocage; il me plait de voir dressés sur les prés tentes et pavillons et j'ai grande allégresse quand je vois rangés par la plaine chevaliers et chevaux armés.

Je suis heureux quand je vois les éclaireurs faire fuir les gens avec leurs biens et je suis heureux de voir après eux quantité d'hommes d'armes venir ensemble; je me réjouis en mon coeur de voir les forts chateaux assiégés, les fortifications avancées rompues et effondrées, et de contempler l'armée rangée sur les berges, entourées de fossés protégés par des palissades de forts pieux serrés.

Egalement je suis content d'un seigneur quand il est le premier à attaquer à cheval, armé, sans peur, car ainsi il fait enhardir les siens avec un vaillant courage; et puis, quand la mêlée est engagée, chacun doit être prêt à le suivre et de bon gré, car nul homme n'est prisé en rien jusqu'à ce qu'il ait reçu et donné de nombreux coups.

Nous verrons en début de mêlée trancher et rompre masse d'armes et épées de combat, heaumes de couleur et écus; nous verrons maints vassaux frapper ensemble et comme conséquence les chevaux des morts et des blessés errer à l'aventure; et quand il sera entré dans la mêlée, que tout homme de haute naissance ne pense qu'à briser têtes et bras, car un mort vaut mieux qu'un vivant vaincu.

Je vous le dis, je ne trouve pas autant de saveur dans le manger, le boire et le dormir, comme d'entendre crier : "A eux !" d'entendre dans l'ombre, le hennissement des chevaux privés de leur cavalier, et les cris "Au secours ! Au secours !" de voir tomber, au bord des fossés, chefs et soldats sur l'herbe, et de contempler les morts, qui, à travers les côtés, ont les tronçons de lances avec leurs flammes.

Barons, mettez en gage chateaux, villes et cités, plutôt que de ne pas - chacun - vous faire la guerre.

Bertran de Born.

Devis 32

Société La Française des récoltants

18 (dix-huit) bottes de poêtes type « Palais de Tokyo » ou similaire
Calibrage Post-néo minimum 3 nanos.
Levée : bisannuelle
Vivace
Rempotage garantie 6 mois
Montant : 17 000 pound

Si présence de chancre constatée sous 1 mois après la remise, botte échangée.

NB : Le poête est une plante originaire de la Modernité où les conditions naturelles sont optimales pour sa production. Aussi, des semences commercialisables ou des semences de base multipliées en France en sont importées. Dans la mesure où dans ce pays, les Poêtes Génétiquement Modifiés sont très abondants, une présence fortuite de PGM est susceptible d’être enregistrée dans les semences conventionnelles. Le ministère de la culture procède à des contrôles de façon inopinée sur les lots de semences conventionnelles importés afin de vérifier l’absence de PGM. En cas de non conformité, nous tenons à vous informer que des agents chargés du contrôle peuvent ordonner des mesures de destruction ou de refoulement de ces semences, ce qui peut inclure un retard dans nos livraisons."

A Nicolas le petit

Tu as raison

Tu affirmes : « J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ».

Tu as raison

Ma fille a été abandonnée, c'est sa faiblesse

Tu as raison

Je l'ai adoptée, c'est ma faiblesse

Tu as raison

Elle a une fragilité, une douleur préalable

Tu as raison

Sa pathologie,
Ses parents,
C'est inné





(voir Onfray : Onfray)

(question)

(art poetique:dois-je vraiment?
- jouer à l'abruti/écrire en abruti
- me faire passer pour un petit fou (juste le momo, le doux dingue)
- ou pour le grand fou (qui arrive quand même à tenir le stylo ou le portable)
- griffonner sous 3 g)

(vraiment pas d'autre moyen d'être soi ?)

Devis 27

Entreprise : France S.A.

Destinataire : Chili (Etat)

3 lettres estampillées Français, n°s d'ordre 3, 12, 21 : C, L, U.

Droit de reprographie non limité sur le territoire de la Terre (de Feu)
Envoi sous 24 h, sans retour.

Propriété inintellectuelle : Le Ministère de la Propagande, de la Publicité et de l'Intérieur

Reglements des comptes : Virements par immigration, sur décompte dûment constaté par les deux parties.

Devis 28

Entreprise : Nasa

Fourniture et pose
Pose et fournis
3 soleils
M42 (M41 en option,
suivant collimation)
Droit garanti, comme ma main dans la naine creuse

Devis 1

A Paris le 15 mars 2007

Société : La Française des vidanges

1 réservoir blanc à demi-plein
liquide : frein - anticoagulant
Mousse de poête génétiquement modifié, pour limiter les échauffements
Tampon fonte, avec vis féminine de cerclage
2 têtes en embouts, avec deux coudes 45° - compris étanchéité

Montage et main d'oeuvre en sus
15 euros

Breviaire méditerranéen (Pedrag Matvejevitch)


"... Les jurons méditerranéens diffèrent de ceux du continent. Dans certaines langues, on énonce, à l'aide du verbe copulatif, des actes lubriques avec les dieux, les saints et les proches parents : c'est ainsi que jurent par exemple les Grecs, les Turcs, les slaves du sud, les Albanais et quelques autres peuples. Ailleurs, dieux, saints et proches sont accouplés (mais sans recourir cette fois au verbe dit copulatif) à des animaux tels que le porc et surtout la truie, le bouc, l'âne, le chien ou la chienne."
Matvejevitch parle aussi du digitus impudicus latin ou du katapygon grec, qui sont des blasphèmes passibles de l'enfer.

La peau

Relief
Tes balafres dictent la route, le lointain combat, les voiles ferlées au port tropical, les cutters qui sentent l’argent, la colère farouche et l’orgueil
Et les jours seuls, malade
Et l’alcool et les poux, dans les cabanes de bois
Lors les nuages, pétés assoiffés, hilares de désir de découdre dans l’herbe leur panse assombrie
Lors les villages se sont tus, cois dans leurs murs et la douce issue des ruisseaux
Lors les fenêtres ont griffé les bras de voleurs, se sont parées de rouge dans les airs et les courants
Lors je suis allongé, le nez dans les hautes,
Débarqué clandestin, sur le granit du quai, un saut sans valise, une crainte sans raison dans les hanches
Lors les femmes ont dénoncé, sur la maison haute et ses courtines, les voix des chats se mêlant, pire que les comptines.

//

Les poumons vides, assoiffés
Aspirés par la bombe
Qui noie tout, l’air avec la poussière,
Le bruit total au-delà du son.

De Gourmont

Transport de malice,----- Je trépigne et je souffre -------- Mais le vent lève les gouttes
Ma lice, mon transport --- Je troupigne et je siffle -------- Que de sang et de sueur je perle
Pour une lisse transe ---- Dans la foule pour mon maître -- S’envolent en tournoi
De ma lance attristée ---- Triste simple, idolâtre ---------- Tout doute et toute malice
Elancé et délices --------- Je pogne et je crie ------------- C’est sur ce champ que s’échoit
Du chevalier bon fils ---- Je prie et je cogne ------------ Ma pâleur, la déroute
Enamouré saint sulpice -- Les mesquins ébahis --------- Mes mondes de bonheur
D’une reine limace. ------ Leurs trognes équarries. ------ En défaite se tissent.

Circulation

La circulation des idées emprunte aux générations, aux corps et aux neurones
Aux cors sans illusions, aux chasses à courre délaissées des fonds de campagne
Au renard apeuré qui sue la pensée, à la vertu des dents des chiens.

Les idées saprophytes, chancres, oignons de cervelle qui s’amusent du temps,
Drogues indolores aveuglent la tête et accourent la nuit, dans les chemins sombres des draps.

Contaminantes et furtives, tristes solutions de sens sans directions,
Poubelles emplis de corps, cheminées cernées par les épines.

Tiens-en une, renifle-la, étudie-la, dissèque-la. Vois ses os et ses muscles, son embonpoint, sa face réjouie de bon élève, son profil mouvant, sa surface courbe.

Le Code Noir

... Le trafic des locaux, indigènes noirs de nègres, soupe d’esclaves dont les pavés tapissent les rues des ports de France.

Méchant troc, marge barbare des Grands Siècles, oubli cruel de l’éperon de la Gloire.

Toute ombre séchée, compressée...

Un deuil

Un deuil, on ne sait pas quoi en faire. On ne sait pas quelle posture prendre, quelle émotion regarder. Si les fleurs lancées font un bel oubli. Si la joie des retrouvailles des vivants, éloignés, pas vus depuis longtemps, ne cache pas tout. Si le vide est sien ou autre. On grandit un peu, dans le vide.

Bili an trez

Les sages et les poêtes des temps anciens, l'ai-je déjà dit, cherchaient les raisons pour lesquelles nous prenons plaisir à tenir en main un galet ramassé sur la grève et à jouer avec, ou encore à dessiner sur le sable, à en modeler des figures.

Pour Ossip Mandelstam, les galets ramassés en Crimée, le long du rivage de Koktebel, étaient, ainsi qu'il le dit lui-même et que le confirme dans ses Mémoires son épouse Nadejda, une sorte de miroir intime du temps, une grande aide pour sa compréhension de la Divine Comédie et l'écriture de son étonnant entretien sur Dante. C'est pourquoi je n'ai pu passer sous silence les cailloux et le sable...

Predrag Matvejevitch - Breviaire méditerranéen (trad Evaine le Calvé-Ivicevic)

Haiku

Je me prends la tête
quand d'autres prennent leur pied
Tu me fais la fête
et d'autres caressent l'été

cf Aaaaahhh

PV = constante

L’hyperbare est à la barre !
Ma plongée croit mon azote
Descente, droite, lenteur
Et mouvements opaques

Sous la face comme silence
Les clartés fondent sans couleur
Sans couleur mon visage fond
Et les yeux du masque croissent

Du bruit, chuintements des bulles
Et je descends dans le poids
Et je descends dans la nasse
Et je descends dans la peur

Du bruit, crissements comme doigts
Ce sont grillons comme liquides
Place des robinets fuyants
Plancton, caresses la coque

30m et 15’
Nous diffusions dans les sangs
Pchitt comme eau, courbatures
Néoprene mon peau, pelure

Des éclats dans la pression
Dans la limite, le visible
Des encombrés, des balants
La vessie pleine, le temps.

Je ne pense pas, j’essuie,
Et je lave, je coule, je fonds
Sèches, ballets amoureux,
Aux encres distraites noires

Laminaria, sang barbier,
Apogons à belle gueule d’œuf,
Vous êtes nantis dans l’obscure
Roche sous face ocellée.

40m et 20’
Et du barre chez les dentis
Comment perdre ? où piéger ?
Ce n’est pas le latex
Ce n’est déjà plus du plomb

Où passer la lame ? Où ?
Peu consommer en fainéant
Lâcher l’encre, vivoter
Dans les bulles, dans le sang

(en cours)
cf Aaaaahhh

Ambition illégitime

- les ambitieux volent-ils toujours ?
- le jour où les ambitions se sont arrêtées
- l’arrêt de bennes d’ambition sur les quais de stockage
- les bennes de mots sont déportées
- la biologie n’explique pas le stockage des mots
- je stocke et je benne tout autant
- tout ce qui se déporte est dans la marge
- la margelle du jour est pleine d’eau
- l’eau du jour vole sur les ailes des ambitieux
- l’explication ne benne pas tout
- les jours d’arrêt portent mes joues
- la biologie est dans l’arrêt
- les mots portent l’ambition d’un jour
- j’ambitionne d’arrêter les mots
- ne volons que des lettres
- soyons sans nom, sans benne, sans port


cf aaaaahhh

Saga de Njall le Brûlé

Un très beau long texte, pas assez lu.

Ici la ferme de Njall est assiégée :



"Ensuite ils allumèrent un feu et firent une grande flamme devant les portes. Alors Skarphedinn dit : « Voilà que vous allumez un feu, garçons. Est-ce qu’on se préparerait à faire cuire quelque chose ? ». Grani répondit : « En effet, et ce sera suffisant pour te faire cuire ». Kolr Thorsteinsson dit à Flosi : « Il me vient une idée : j’ai vu une pièce surélevée dans la salle commune, au dessus des poutres transversales. C’est là que nous devrions mettre le feu en l’alimentant avec le tas de mauvaises herbes qui se trouve derrière les maisons. » Ils prirent ce tas et y mirent le feu. Ceux qui étaient au-dedans ne s’aperçurent de rien avant que toute la salle commune ne brûlat. Flosi et ses hommes firent alors de grandes flambées devant toutes les portes. Cela devint insupportable pour les femmes qui se trouvaient dans la maison. Najll alla aux portes et dit : « Flosi est-il assez près pour qu’il puisse entendre ma voix ? ». Flosi déclara qu’il entendait. Njall dit : « Veux-tu faire quelque conciliation avec mes fils, ou permettre à quelques personnes de sortir ? » Flosi répond : « Je ne veux pas faire de conciliations avec tes fils. Il faut en finir maintenant, et nous ne nous en irons pas tant qu’ils ne seront pas tous morts. Pourtant, je veux permettre aux femmes, aux enfants et aux domestiques de sortir. ». Quantité de gens sortirent.
Flosi alla aux portes et dit qu’il fallait que Njall vint lui parler ainsi que Bergthora. C’est ce qu’ils firent. Flosi dit : « Je veux t’offrir de sortir, car tu brûles sans l’avoir merité. » Njall dit : « Je ne veux pas sortir, parce que je suis un vieil homme, guère en état de venger mes fils, et je ne veux pas vivre dans la honte. » Bergthora dit : « J’ai été, jeune, donnée à Njall et je lui ai promis que nous partagerions tous deux un seul et même sort. » Njall répond : « Nous irons dans notre lit et nous nous coucherons. Il y a longtemps que j’ai envie de me reposer.» Ensuite elle dit au petit garçon Thordr, le fils de Kari, fils de Njall : « Toi, il faut qu’on te porte dehors, et tu ne dois pas brûler dedans. – Tu m’avais promis, grand-mère, dit le garçon, que nous ne nous quitterions jamais tant que je voudrais rester avec toi, et il en sera ainsi, car il me semble bien meilleur de mourir avec toi et Njall que de vous survivre. » Ensuite elle porta le garçon jusqu’au lit. Njall dit à son intendant : « Maintenant, tu vas regarder à quel endroit nous nous couchons et comment je vais arranger notre lit, car j’ai l’intention de ne plus faire un mouvement désormais, que ce soit la fumée ou que ce soit la chaleur qui me fasse souffrir. De la sorte, tu pourras deviner où il faudra chercher mes ossements. » Njall dit à l’intendant d’étendre la peau d’un bœuf sur eux. Ils se couchèrent tous les deux dans le lit, et placèrent le garçon entre eux.

Skarphedinn avait regardé son père se coucher et comment il avait arrangé son lit. Lui, Kari et Grimr prenaient des brandons enflammées aussi vite qu’il en tombait et les rejetaient dehors avec les autres. Cela dura un moment.

Gunnar Lambason sauta sur le mur, après la fuite de Kari sur la poutre enflammée. Il vit Skarphedinn et dit : « Est-ce que tu pleurerais maintenant, Skarphedinn ? – Non pas, dit-il, mais il est sûr que les yeux me piquent. Mais toi, on dirait que tu ris, est-ce bien cela ? – Sûrement dit Gunnar, et je n’avais jamais ri depuis que tu as tué Thrainn. » Skarphedinn dit : « Alors, voici un souvenir de famille pour toi. » Il sortit de son escarcelle la machoire qu’il avait tranchée à Thrainn et la jeta dans l’œil de Gunnar, si bien que l’oeil pendit sur la joue. Gunnar tomba du toit.
Skarphedinn alla alors à Grimr, son frère. Ils se tinrent par la main en foulant le feu aux pieds. Mais quand ils arrivèrent au milieu de la salle commune, Grimr tomba, mort. Skarphedinn alla jusqu’au bout de la maison. Alors il y eut un grand craquement : toute la couverture s’abattit. Il se trouva pris entre elle et le mur du pignon.

...

Il fallut enlever à la pelle beaucoup de cendres. Là-dessous, ils découvrirent la peau de bœuf : elle était complètement ratatinée par le feu. Ils l’enlevèrent. Njall et Bergthora étaient dessous tous les deux. Ils n’avaient pas été brûlés. Tous louèrent Dieu et y virent un grand miracle. Ensuite, on prit le garçon qui avait été placé entre eux. Il n’avait de brûlé qu’un doigt qu’il avait laissé dépassé de la peau. Njall fut porté dehors, ainsi que Bergthora. Puis tout le monde alla voir leurs cadavres.
Puis ils cherchèrent Skarphedinn. Ils se mirent à creuser au pied du pignon et découvrirent le cadavre de Skarphedinn. Il était resté debout contre le mur, ses jambes étaient brûlées presque jusqu’aux genoux mais tout le reste était intact. Il s’était mordu la moustache. Ses yeux étaient ouverts et n’étaient pas enflés. Il avait enfoncé sa hache dans le mur du pignon, si rudement qu’elle s’y était fichée jusqu’au milieu de la lame et elle n’avait pas perdu sa trempe.
Tout le monde dit qu’ils se trouvaient mieux en face du cadavre de Skarphedinn qu’ils ne l’avaient pensé, car il était blanc comme neige et personne n’eut peur de lui."

(Njall le Brûlé – traduction de Régis Boyer)

Pass

Passager, le temps de larguer n’a plus de brise sur toi, possédant possesseur des adresses du réseau, des tentacules nettes du calmar géant de la terre des hommes qui discutent.

Passager, as-tu des mots ? As-tu ces mots qui roulent en torrent dans la bouche, qui se heurtent aux dents à la langue aux mémos ?

Passager, prise-tu le sens comme les courants vagabonds qui en ont fini au port ? Le détail des conflits ? L’archéologie des sons ?

Passager, tripote-tu ces assemblages comme des mamelles ou avec précaution, comme en nucléaire ?

(Je, des instants)

Je, les tempêtes hystériques, les voluptés vides, la stupéfiante accélération de l’histoire, avec les mauvais, la sotte puanteur, le vol éclatant, les pendus des bois, le couteau de grand chemin.

Je, plein rêveur, crocheteur de brouillard, délicatesse de spectres, parole de chicots, nourriture de corbeaux.

Je, ver de pomme, étoile de cérémonie, querelle de rois morts, buzz du soleil, bride de parade, flibuste du silence, poule des télés.

Je, aventure tout en barbe, coquin des ambulances, faquin rieur des cravates en soie, des jupes très courtes et des poitrines légères.

Je, dentelle d’esprit, gruyère humide de qualité, vigne bruissante de chlorophyle, olive égarée dans le pancréas, langue joueuse des jambes, émouvant de ma vie.

Java

Roule dans le thon, épouse les rimes, caresse l'accorde, rumastique les osses, ose tapiner dans les notes, sent sous tes doigts les anches un peu grasses et pas en roseau, prends le sibémol pour un opiacé, souris au timbre, déterre les doigts, croise les mortes, adule Kurt et vante Ludwig, achète des CD. Sur un air de maracasse, casse les miches, riche plein de beurre, je pense à tous ces povres, manque plus que la mer et les maracasses, c'est hyper sympa comme mot, ça rentre dans la rime et au poil, comme l'exotic, l'alphabétic, le neurasthénic et le plein d'acnéic. Le thon de maracasse, La carcasse du con Le Tartare des faux culs La caresse du son Marée, Marée, Marée, Marée Quand tu me retiens Quand thon te retiens, à plusieurs, tous bien mouillés et pleins de sels Pleins de poches Dans les yeux et pleins de têtes que tu dois oublier Marée, Marée, Marée, Marée Quand tu me retiens

Industrialisons le vers à soi

- obtenir la certification Iso 9002 v 2000
- rendre la syntaxe
- contracter les idées
- chercher l'obscur
- suspendre les espaces
- normaliser les termes et les mots
- se copier/coller
- jouer avec les tabulations
- revenir à la ligne, pour coller de l'indicible
- chercher philosophe
- sentir l'éther
- devenir marge
- être démarche
- être distrohilleu
- se retenir sec
- se retenir dur
- approcher l'olive
- se poser rond
- être client et fournisseur

Capital le Taj (21/04/06)

C'est capital C'est une capitale C'est le capital C'est sorti du capital C'est plusse que Capri et c'est dans un thal Le thaj mahal C'est le Tage et les malades Tout blanc, tout en Inde, Pleins de blancs C'est le mariage C'est un bo cado Cé pas pris et c'est quand même capital Je n'en dors plus Mon remord est léthal Ma mort est étale C'est la faux à l'encan C'est la chaux à l'enfant La chaux c'est blanc et c'est le calcaire de Capri et c'est contraire Et c'est capital Et je n'endors plus La voix douce est partie Comme pluie après vent Après nuage dans le grand ouest Ma voix douce partie Je cris contre Contre les gosses Contre le Capital Contre Mimi Contre à cotre à courre à cor à stop

Approche de la bétise


Le répit des bois
Dirige le moi dans le péril
Mais sous le terril périt la foi de tes prestiges

Le miroir


Les généraux des finances, en direction de la marge, décollent à chaque exercice, en divisions soudées et motivées. Des objectifs !! Des biens et des actifs, des acquisitions, des sociétés à abattre et d’autres à dresser ! Un empire dans la barque !

*

J’ai tangué, redressé la barque, rejoint les cheveux fins des lames de pensées, des écumes de songes au goût sablé que peuplent les oiseaux de la mer sans limite. Les bois errants durcissent au sel, inconnus mystérieux dans ma fuite. La houle longue, sœur de l’abîme, a cogné ma tête, dans les reflets.

Hiver à fistule

Lorsque le vent mandate
D’un geste lourd
Les feuilles naissantes au grand palefrenier
Au ramasseur de vers
De papiers
De fossés
De mûriers
Je souffle sec sur les coins de ciels et de boue

Mon grand plaisir

Les bottes souples, piquées de châtaignes, râpées de gneiss, craquant les noies, noires d’humus.

Lorsque le vent pousse le vent, casse les lames et la pluie, frôle le froid de mes reins, bâtit les gouffres horizontaux des plaines

Lorsque la chouette agrée dans l’ombre, digère les brillants de la nuit sous la voûte de la grange, dissèque en son ventre les mystères du mulot

Le feu héberge mes tempes, les fragiles laps de sang qui couvent un orgueil

Métropole des flammes, maîtrise fauve de la terre

Lorsque le pacte de ma montre et de mes os se délie, s’alanguit hors de l’ivresse, dans l’inactif et le sordide, je rejoins la grive, je suis son œuf bleu, la brindille échauffée, le duvet mince, le mortier sec du nid.


Mais bouches, sentences, grimaces, ascenseurs d’idées et mélanges… Mon grand plaisir

Ce monde évade, échappe à préhension

(Accore- extrait)

Grand conquérant

Aimons le grand conquérant, le jeune guide du mouvement démographique, la phalange armée du dieu prosélyte, le massacreur de talents, le bouffeur de terres qui va loin vers l’est.

Quand il présente à son vieux soleil ses muscles déclinants, son souffle devenu court, sa vision racornie par le doute, la faiblesse de son futur.

(Accore-extrait)

Infos

Les passe-murailles,
Les neutrino des foyers,
Les nouveaux argus des pouvoirs
Vos statistiques spectrent, écartent les écarts des types
Par afflux de données, par reflux de commandes, par sectorisation des taches et des acteurs,
L’usinage des valeurs,
Nous te scrutons et te polirons
Et je me polisse et je me lisse et je m’enlise dans vos infos, jusque très bas, jusqu’au moi de moins en moins sale.

A chacun ses os

(travail en cours)

A chacun ses os
Ses muscs
Ses cubitus
Ses silvius
Ses doigts qui dérapent
Ses os qui croquent puis poussièrent

A chacun ses os
A chacun de les reconnaître
De les nommer
De les classer
De les rompre quand on peut
De les comparer

A chacun ses os qui ne tintent pas, ne ruminent pas, ne pensent pas
Et reposent
Reposeront

Je te mangerai les doigts, petite
Un par deux
Comme craques
Comme rires et pas mal de salives
Par sourires
En amuse et pour effroi

Toujours là.
Je te mangerai. Tout en salive. Pas perdu et pas pris. Pas une ride et toujours zieuter les mondes et les gens et les rides et ridulles sur la mer. Toujours là et toujours les vagues et derrière les vagues un bois vert touffu. Derrière les fougères se suivent comme bêtes comme chacun qui compte son os, le soir comme veillée.

Toujours là et toujours sur ses os.

A chacun ses os
Son ivoire
Ses fémurs
Ses dents qui repoussent

Je veux témoigner.
Mentir et pas dire et oublier et croire même si
Tenir sur ses os
Pas bouger d’un pet, d’un crac
Etre droit et persuadire
Que c’est toujours comme ça et que pas de questions à se poser

Je veux témoigner que son bonnet était rouge
Et ses os aussi
Qu’elle n’a rien dit
Que tout s’est passé
Pas un pli pas une vague pas un souffle pas un grain pas un sable pas une bête
Je suis rompu mais droit

Ne rien disperser
Ne pas se disperser
Compartimenter et persuadire
Messieurs
Pas moi

Je connais mes os
Je connais ses os
Sa chair
Ses filaments et ses veines
Sa lymphe même rouge
A chacun ses os

Vite

Vite
Gripper la corde des vocales et gonfler les ajouts, les postsuperpositions à merdàvents qui projetent d’envachier les yeux et les poutres et toute la carrière des des mots qui sortent de la roche sous les crachats des butoirs.

Vite
Le slogan qui sonore de diriger les vies dans le rail des journaux et des périodiques à gros tirages, surtout les cœurs malins dans les algues des bermudes qui ceinturent les esquifs

Vite
La ronde des sans paleurs, qui crient fort et forte voix, se tenant par le polisson dans la couverture des évènements tragiques, o tragiques, o tragiques sous l’essor de l’économat.

Vite
Se rappeler des efforts, des contraintes folles présentes dans tête comme gruyère trous et aller de l’avant, verbe haut et gros parleurs

Vite
Bousculer le néant et son ennui à demi plein de plein d’envies sans avances, comme femmes girondes et belles en rue.

Vite
Car tout toujours trop rapide, comme feuille d’automne emportée par le temps et ronde et vire et tombe dans les ravines.

Camouflage - 1

Spontanément vissé aux corollaires offensifs ou au monde, avec la transparence végétale, le défensif animal prône l’univers et son camouflage, associé aux fonctions militaires.

Spontanément associé aux mondes végétal et animal ou à l’univers militaire, avec des fonctions offensives ou défensives, le camouflage prône la transparence, et son corollaire, le vice.

Spontanément associé aux camouflage offensif et ou à la transparence, avec des fonctions animales, le monde végétal prône l’univers militaire, et son corollaire, le vice défensif.

Camouflage - 2

Spontanément camouflés par les visées des vaisseaux militaires, la terre et son capitaine ne disposent plus d’industrie sur cet univers, et doivent être associés aux animaux en fanfare.

Spontanément visés par les capitaines de vaisseaux et d’industrie, l’animal et son camouflage ne disposent plus d’univers sur cette terre, et doivent être associés aux fanfares militaires.

Spontanément captivées par les animaux, les fanfares des vaisseaux visées par l’industrie militaire associent la terre à leur camouflage, et doivent être disposées sans plus d’univers.

Un Vialatte n'est pas un poêle à bois


Je le soupçonne de n’être jamais allé au Congo.

Alexandre loupa son siècle comme sa naissance : 1901

Mais, enfant, Alexandre rêvait de grands espaces, de batailles sans fin, de désespoirs sans fond.
Il partit pour l’Allemagne, après Guerre sans présumer du futur, tout à l’admiration des carnavals, des brigands du Rhin, d’Hermann Hesse et des bonnes joues.
Puis il sentit le wotanisme de conserve prendre les esprits, en une folie mystique. Il revint avant Guerre, effrayé par ce pays devenu caserne et muscle : il avait aussi rencontré Kafka, qu'il ramenait dans ses malles.
Pendant ces périodes, il conçut des amitiés viriles, les vit se tirer des balles dans les poumons par amour, enterra des collégiens chimériques sous des mausolées dédiés à Erna Schorr, et laissa les vivants se quitter dans les ténèbres de l’amitié et du temps
(Je le soupçonne d’avoir provoqué la Grande Guerre, rien pour que Badonce tournoie puis pique du nez, en une mort aussi gentille que toutes les belles du régiment, en un geste qui soit irrémédiable pour son année de philosophie).

Alexandre revint en Allemagne en 1945 au procès de Belsen. Il retint que Kramer, responsable du camp et aimable jardinier, était un homme d’ordre et qu’il ne pouvait pas tolérer que ces gens qu’on envoyait aux fours ne s’alignassent pas par cinq.

A Paris, son appartement donnait sur la Santé.

A partir de 1960, il condensa ses onze dernières années en une seule, fruit d’Almanach :
• Janvier : Ne parler pas chaldéen à votre percepteur
• Février : Les femmes sentimentales et platoniques, pleines d’esprit, débordantes de cœur, devront craindre principalement l’indigestion et le coryza. En revanche, elles raffoleront du tweed.
• Mars : La pieuvre mâle ne pense qu’à la princesse lointaine.
• Avril : Les Hugues sont grands, forts et numismates. Les François ne tuent qu’avec la hache.
• Mai : Soyons sincère : une mère qui n’aurait pas d’enfants ne serait pas réellement une mère.
• Juin : Tous les béliers de Khatmandou ont des têtes de veuf.
• Juillet : Vive l’homme de Juillet qui a triomphé de la pharmacie
• Aout : Le savoir-vivre du pédalo
• Septembre : La montagne, que serait-elle sans la mer (et vice-versa) ? Un repas sans cheval, un cheval sans plumes, bref un amour sans jalousie.
• Octobre : C’est en octobre que l’homme normal éprouve le plus vivement le besoin de sonner du cor et de ramasser les feuilles mortes.
• Novembre : Coryza : les vieux médecins le chassaient au roquefort.
• Décembre : Les Anglais ont de longues jambes cylindriques et ligneuses, et se reproduisent comme l’homme par viviparité.

La Montagne se fit l’écho de sa mort.

Alexandre était absolu.
Vialatte était auvergnat.

Nuit profonde

Dans la nuit profonde
Je prends le raccourci
Gare des impossibles
Géométrie des tangentes
Le long des larges tables des rêves
Le calcul rapide de ces gloires et angoisses ne se résout pas
Comme la connaissance cariée des aventures
Comme le remord obtus de se savoir en inconnu
Comme une terre meuble invendue

Présente Convention



Les Parties reconnaissent expressément que la présente Convention ne crée aucune personnalité morale ou amorale et ne constitue pas un contrat de société.
Ce n’est pas plus une société créée de fait. C’est une somme de principes de fonctionnement qui régissent les vivants, dans leurs activités et leurs sommeils, préalablement à l’extinction de vie.
En aucun cas, la présente Convention a valeur de document contractuel opposable aux tiers, et en particulier aux décédés.
Elle ne crée aucun droit au bénéfice d’un quelconque des Membres lui permettant de créer des obligations ou d’accepter des engagements au nom et pour le compte d’un autre Membre.
C’est une île, voire un continent.

La présente Convention entrera en vigueur le jour de sa signature par les Parties, à l’encre rouge.

Elle prendra fin en cas de survenance d’un des évènements suivants :
- Accord mutuel de tous les Membres, quelle qu’en soit la raison ;
- Abandon du Grand Projet par le Client;

Dans ce dernier cas, la Convention demeurera en vigueur jusqu’à l’apurement des comptes, retraites et maladies tant entre les Parties et le Client qu’entre les Parties elles-mêmes.

La Constitution

1. Le corps impatient.

2. Le corps sauvage, ivre et complet de pensées. L’appât des mots, qui entraîne le vocable à partir au galop. J’ai chuté tête en l’air, dans les rangs d’étoiles, dans le sud hémisphère, à coincer les bottes sur les bordures bétons, dans les trottoirs, sur les décalés. Maladie à béton

3. Le trot rapide du mot. Mors aux dents, cassage d’émail, langue rapide qui siffle et s’essouffle dans le conduit. Où va-t-on ? Je guette le soupirail, la chambre noire seule où le bruit est absent, où le vent s’arrête et où l’on peut espérer la chaleur passées quelques heures.

4. Foutraque et encore plus de travail. Travailler. Travailler et oublier de se reproduire.

5. Article délation : comment recoller les parties ? comment enchaîner les fidèles ?

6. Le corps est une marge sans frontière, ouvert comme poumon et bouche aux agents extérieurs, incisifs et fourmillant d’informations.

7. Ne pas définir où ce finit. Ne pas clarifier. Laisser l’ombre de l’ombre s’engager.

8. La meilleure articulation des contraintes entraîne des effets de seuils, de proche inconnu, de large océan à traverser.

9. Bien digérer les oligo et procéder à une mise à plat des conventions.

10. Ne peuvent être promus aux plus hauts rangs les relégués de guerre, ni les accidentés.

11. Nous décollerons de la carrière quand les anciens seront notés, puis classés en rangs contigus.

12. L’irrationnel n’est pas un imaginaire.