(Ma tête est prise. Ajourd'hui, désolé, demain. Prise comme matérielle, elle a un prix, elle s'étiquette, seule, à mesure que les minutes déroulent. Il a suffi. Seule et plus grand chose ne coule. Je suis désolé et je me se désole et ma tête se désole. Mes mots sont des bouts. Des ficelles sans noeuds. Qui crochètent toutes, sans façon, brusquement toutes ensembles. Il a suffi de pas grand chose. Des achats et des déplacements. Emportements. Pas grand chose et des trucs qui encombrent l'escalier. Des trucs pleins de prix, des billets des devises des métaux qui roulent en emportements. Toute la tête est prise. Plus une citadelle. Le déclenchement, je sais plus. Des prix, sûrement, et aussi des connexions et des prises et des crochets, qui ont tout ramené en filets, dans les mailles, au-dessus du pull. Le tricôt de tout ça, pas évident. La tenaille est forte et faut que je sois constant. Ne pas se disperser. Ne pas se diluer, dans la tête et dans la prise et dans la tenaille et dans la digue et dans les os et dans le crâne et dans les prix. Désolé, tout dans le plein. Le demain sera.)
(Ma tête est prise par les vocables les mots les chiffres les arrondis les aigus de la ligne les bits les pointillés qui veulent en dire + que les synapses ne le voudraient comme la morale de la conscience l'accepterait et comme et comme les sens l'accepteraient et le comprendraient et le signifieraient et comme j'aurai honte après de voir si rapidement les mots s'entrechoquer et rien dire et tout à la fois, à la foire et comme tous pris et épris du vertige de logorrhée qui propulse non pas la langue mais les connexions au-delà des sons et des espaces dans les accords brutaux et éclairés des sens et des images. Comme j'aurai honte de tout dire. De s'être fait prendre la tête).
(Ma tête est prise et reprise et tricôtée par les mots des autres, cancers, saprophytes, chancres mous, qui modèlent mes masses moles et modèrent mes images-sons-sens. On en a assez et un seul mot te prend, et la musique et les ton toi-même qui se font prendre et dérapent et ont honte de ton toi-même et perdent leur sens et leurs directions et glissent dans les marges herbeuses, dans les entendus, déjà. Et de ses écarts réguliers, on n'en revient que de plus en plus las, de grandes enfourchées pour revenir du talus, et pas de noisetiers dans les brousailles).
(Ma tête est prise et mon projet est de rem:onter les mots, au-delà des sens. Au-delà des fleuves de lettres qui sentent la vase et montent aux naseaux dans les mangroves. Nous irons pas loin comme cela mais si la Reine est prise, où couper l'appendice ?)
(Ma tête est prise du sourire des autres, des jardins aux sentiers qui bifurquent aux croix des rêves des autres, prise dans le futur des objectifs. Comment loger le passé et ses nuages dans les prix du présent ? Au présent les mots lavés, les mots repassés des présents des autres.)
(Par delà les murs du verger aux pommes. Par delà les remarques du nain, qui repère les amants. La préhension des mots, au delà des dents et des amis lépreux. Le passé comme banière et nuages, comme plomb en ceinture, comme histoire sacrée pour foule. Ma tête ne suit pas. Prise sous ses douves dans le temps. Dans les présents des autres, sur leurs cuirasses. Dans les flous des sens des mots des masses. )
(Ma tête suivra Per Valdo, Burke et Hare, Badonce, Smiley, Père Orduna dans le jeu de l'envers).
(Puis on lâchera comme d'habitude les fous, les pseudos-fous, les apprentis nuls, les amateurs d'ordures, les faiseurs d'ordure et les militaires, et tout ceci sera procession, et tout ceci sera recension, et tout ceci sera tête. Et mes pensées, droites aux lépreux, droites aux escargots, gauches aux enfants gachés. Il n'y aura rien mais le vide et le désole, mais seulement comme rise, comme tête).
(Ma tête est prise des prix des combats, des casques, des péritels, des ailettes, des contacts exigus, de la poussière humide des supermarchés. Et dans ceux-ci défilent les brigades, sournoises, mais commandées. A flux tendu. A flux RSS tendu dans les fronts de l'est et des mes crânes. Et mes mots obéissent au guide).
(Un jour, je dirais non. Un jour, je dirai écorce. Un jour, je dirai nouille. Sans ristourne).
(Mes sens se terrent. Mes sens ne lèvent plus la tête. Pour lever, flexion des genous, balancement de la colonne, pression des hypostases et des sacrifuges, contournement des mémoflex, rotation du pérus, connexion bluevose. Cathode de pain, confiture de memsys. Pensée.)